Blason du Couserans

 

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Le petit journal de Massat ©


Ecrit par  :
Philippe CABAU de Fauroune Copyright © 2007-201
8

 

Le comté et la vicomté de Couserans
                                                                                                                            

La Revue Historique du Couserans ©


Ecrit par  :
Philippe CABAU de Fauroune Copyright © 201
8

 


 

N°36 - Avril 2018

 Sur les traces du blason de la vicomté du Couserans ...

Version 2

 

La version 2 (voir Partie 2 et Partie 3) fournit des preuves relatives aux hypothèses de la version 1 (la Partie 1 reste identique).

Cet article est également le premier numéro de "La Revue Historique du Couserans"
 

 

 

 


INTRODUCTION

 

 

    Avec le temps, les traces du passé et donc de notre histoire s'effacent. Il n'est pas toujours facile de les retrouver et de leur redonner vie. C'est pourtant ce que nous allons essayer de faire concernant le blason de la vicomté de Couserans au travers de ce document. Nous allons partir à la recherche des textes anciens qui vont nous permettre de retrouver la trace du blason de la vicomté du Couserans.

Avant tout, nous allons rappeler ce qu’est la vicomté de Couserans. Cette dernière fut crée en 1176 lorsque le comte de Comminges, Dodon (Bernard III) se retira peu avant sa mort, de la vie politique. Ce grand pacifiste partagea alors ses possessions entre ses 4 enfants.
L'aîné, Bernard IV devint comte de Comminges en 1176 jusqu'en 1225 (incluant Muret et Samathan) et de Castillon (dans l'actuelle Ariège) ; Roger hérita du Couserans qui fut alors érigé en vicomté. Il prit le titre de vicomte de Couserans sous le nom de Roger I ; Gui devint seigneur du Savès ; Fortanier fut par alliance seigneur d'Aspet.

La vicomté de Couserans comprenait initialement les seigneuries suivantes : Alos, Aulus, Baliard, Boussenac, Encourtiech, Ercé, Erp, Eycheil, Lacourt, Massat, Oust, Riverenert, Saint-Girons, Seix, Soulan et Ustou.
Lacourt, comme l'indique son nom, était le lieu où siégeait la cour du vicomte de Couserans et était le chef-lieu de la vicomté. La carte ci-dessous nous montre l'étendue de la vicomté.

-  Carte 1  - Philippe Cabau de Fauroune (c)
Afin de mieux nous situer par rapport à ce que nous connaissons, la partie blanche représente l'actuel département de l'Ariège. La partie jaune et rouge cerclée de bleu ciel délimite ce que fut la vicomté de Couserans.
A l'intérieur, les différentes seigneuries qui la composaient.
 

Avec le temps et toujours à cause des héritages et des procès, le vicomte de Couserans perdit peu à peu certaines seigneuries de la vicomté initiale. Dès 1392, Boussenac, Rivèrenert et Baliard furent détachées de la vicomté pour être transmises à Arnaud-Roger I°, fils cadet de Raymond-Roger II de Comminges.

Au XV° siècle,  ce qu’il restait de la vicomté de Couserans changea de mains. De la maison de Comminges, elle passa à celle de Lomagne puis fut finalement démembrée à la fin du siècle. Elle n’était plus une entité politique unifiée, mais un territoire divisé en seigneuries indépendantes. Porta seul, le nom de vicomte de Couserans, celui qui possédait la seigneurie de Lacourt.

 


PARTIE 1 : à la recherche de la vérité

 

 


I – Sur les traces du blason de la vicomté :

        Maintenant, nous allons essayer de voir quel fut le blason de la vicomté de Couserans.

Nous allons donc remonter le temps à la recherche des écrits qui nous permettront ainsi d’établir ou pas la vérité, en commençant par les documents les plus récents pour découvrir quelle est la véritable source qui décrit le blason de la vicomté.

Nous retrouvons la trace de plusieurs livres qui traitent, certes bien trop souvent de façon très succincte, de l’origine du blason.


                  

                   1 - Le bulletin périodique de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts et de la Société des Études du Couserans, neuvième volume - N°1, édité en 1902, page 45 sera notre première source

Il y est précisé : « le secrétaire présente l'empreinte des armoiries du Couserans qui sont « d'or à l'orle de gueules » », soit le blason suivant :
 

Malheureusement, aucune source n’est citée.
Nota : de gueules en héraldique signifie rouge.

 

                    2 - En 1862, soit quelques années auparavant, H. Castillon d’Aspet (membre correspondant de l’Académie des Sciences) écrivait, dans son livre « Histoire des populations Pyrénéennes du Nébouzan et du pays de Comminges » à la page 264, le texte suivant :

«  …. nous indiquerons pourtant le motif qui porta les vicomtes du Couserans à prendre le surnom d’Espagne. Comme ce nom s’est propagé dans toutes ces familles, il est curieux d’en connaître son origine. La voici, telle que la raconte Favyn, le naïf et simple historien de la Navarre : «  Le sire de Joinville fait honorable mention d’un Arnaud, viscomte de ce lieu, qui avait suivy le bon roy sainct Louys oultremer, lequel vicomte disait ses prédécesseurs avoir porté le surnom d’Espagne, et pour les grands services que les dits viscomtes de Couzerans avaient fait à nostre empereur Charlemagne, luy estant en Espagne contre les infidèles, il leur avait donné puissance de porter l’écu d’or à l’orle de Gueulles, armes que le dit Arnaud de Comminges portait. Et que soubs le même Charlemagne, les dits viscomtes de Couzerans chassèrent les Sarrazins de Comminges et remirent ce pays en son obéissance, ce qui fut occasion de prendre le surnom d’Espagne et Comminges ».

Ici, la source est citée puisqu’il s’agit du livre « Histoire de Navarre » écrit par André Favyn dont nous parlerons un peu plus bas. Nous pouvons lire la description du blason : d’or à l’orle de gueulles.

 

                        3 – Si l’on se réfère au livre « La Noblesse de France aux Croisades » écrit par P. Roger en 1845, nous retrouvons la trace d’Arnaud de Couserans parti en croisade avec Saint-Louis. Aucune mention du blason n’est faite. Ce document indique succinctement sa source : Joinville sans autre précision.

 

                        4 - Dans le 5° tome du « Grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane » écrit par Louis Moréri en 1759, il est dit, page 263 :

Voici ce qu’en dit Joinville dans son récit sur la vie de Saint Louis :
« En cette bataille, se montra vertueux et hardi messire Arnaud de Cominge, vicomte de Couserans, dont j’ai ci-devant parlé, pour cuider secourir le comte, et portoit icelui de Cominge (donc Arnaud), une bannière et ses armes étoient
d’or à un fond de gueules, lesquelles, comme depuis il m’a conté, qui avaient été données à ses prédécesseurs, qui portoient le surnom d’Espagne anciennement, par le roi Charlemagne, pour les grands services qu’eux viscomtes du Couserans lui avoient faits, lui (Charlemagne) étant en Espagne contre les infidèles …

Il est très intéressant de noter ici aussi, une variante dans la description du blason. On ne parle plus d’orle de gueules mais d’un fond de gueules.

Or, en héraldique, cette configuration ne peut exister car le fond du blason est déjà d’or. Cette description du blason est donc erronée. A la place de fond, il faut lire bord (voir le texte original de 1547, plus bas), puisque la source de Moréri n’est rien d’autre que la première édition de « l’histoire de Saint-Louis » d’Antoine Pierre de Rieux, écrite en 1547 dont nous reparlerons.

 

                        5 - Nous voici à présent au XVII° siècle. Le livre intitulé « Le véritable art du blason, et l’origine des armoiries », écrit en 1675 par Claude François Menestier, nous précise également que le blason remonte à l’époque de Charlemagne.

En voici le court extrait  (page 114) :

« L’histoire de Saint Louys » par Joinville de la première édition, parle des armoiries données par Charlemagne, aux Vicomtes de Couserans de la maison de Cominges. »

Cette première édition est toujours celle de « l’Histoire de Saint-Louis » de Jean de Joinville publiée en 1547 et réécrite par Antoine Pierre de Rieux. Nous y reviendrons un peu plus loin.

 

                        6 - En 1668, la troisième édition de «  l’Histoire de Saint-Louis de Jean de Joinville » est publiée. Elle fut écrite par Charles du Fresne, sieur du Cange et était enrichie d’un grand nombre de pièces originales. Charles du Fresne critiqua ses deux prédécesseurs de Rieux et Mesnard qui avaient respectivement écrit la 1° et 2° édition. Il mettait alors en doute la qualité de leur travail de copistes. Mais il est surtout très intéressant de noter que l'auteur de cette 3° édition précise dans ses observations (Partie II - pages 73 et 76) qu'il y a des différences entre le texte de Joinville et celui de Rieux, au sujet d'Arnaud de Couserans et de ses faits d’armes.

 

                        7 – En 1617, Claude Mesnard écrivit la seconde édition de «  l’Histoire de Saint-Louis par Joinville ». Alors qu’il possédait des originaux en main, il constata trop de différences avec la première édition écrite par de Rieux, raison pour laquelle Mesnard voulut en faire une réédition conforme à l’original. Ici aussi, nous ne trouvons pas de traces d’Arnaud de Couserans et donc de la description du blason de Couserans. Serait-ce un oubli ? La question reste entière.

 

                        8 - La même année (1617), André Favyn écrivit dans son livre « Le théâtre d’Honneur et de Chevalerie », page 432 :

« Couzerans, Consuaranensis Civitas, Vicomté : Le Sire de Joinville escrit qu’au premier voyage d’Outre-mer (7° croisade) que fit S. Louis, il prit cognoissance avec Arnaud Vicomte de Couzerans, qui portoit le surnom d’Espagne (il y en a beaucoup de ce surnom en Gascogne, comme le Sieur de Montespan et d’autres), à l’Escu
d’or à la bordure de gueules, Armes que nostre Roy Charlemagne avoit données à ses prédécesseurs … »

                        9 - Dans le livre intitulé « Histoire de Navarre », écrit en 1612, soit cinq ans plus tôt par ce même André Favyn, à la page 62, le texte est identique au mot prés à celui de Castillon d’Aspet. Ce dernier précisait d’ailleurs que Favyn était bien sa source (cf §2).

Or, la source de Favyn n’est autre que la première édition de «  l’Histoire de Saint-Louis » écrite par Antoine-Pierre de Rieux.

Arrêtons nous un instant et notons au passage la différence entre l’année 1612 où Favyn indique que le blason est d’or à l’orle de gueule et l’année 1617 où ce même Favyn écrit : d’or à la bordure de gueules alors qu’il se réfère au même livre ! Avons-nous découvert la personne qui changea le mot bordure en orle ? Il semblerait que oui ! C'est ce point qui m'a alors donné envie de faire ces recherches.

Or, en héraldique la signification des deux termes n’est pas du tout la même.

En voici la différence :

 

                                                                                    

        Orle                                                                                                Bordure    

 

Le blason est donc bien différent.

Rappel : en héraldique, le terme de gueules signifie rouge.

                    10 - Nos recherches nous amènent donc à voir ce qu’avait vraiment écrit Antoine-Pierre de Rieux, dans la première édition de « l’Histoire de Saint-Louis », car nous nous apercevons que ce livre est pris comme référence dans tous les cas que nous venons de citer.

C’est en 1547, à Poitiers, qu’Antoine-Pierre de Rieux, originaire de Rieux dans le Minervois, écrivit la première édition de  « l’Histoire de Saint-Louis » dont le texte original avait été écrit par Jean de Joinville. Cette édition fut dédiée à François 1°, alors roi de France (ce dernier mourut d’ailleurs cette même année).

De Rieux étant en Anjou, il visita les vieux registres du roi René et y trouva  en désordre "la Chronique du roi Saint-Louis",  écrite en « langage assez rude » comme il le qualifia. Il en changea alors le langage de Joinville, le plan ainsi que l’ordre de la narration.

Cette première édition de 1547 fut éditée par Enquilbert de Marnef (éditeur à Poitiers) qui en fit de nouvelles impressions les années suivantes, notamment en 1561 et en 1567 dont des exemplaires nous sont parvenus.

Situons le contexte de cette fameuse "Histoire de Saint-Louis" écrite par Jean de Joinville.

Saint Louis partit en croisade une première fois entre juin 1248 et avril 1254 (7° croisade) pour lutter contre les infidèles (musulmans) établis en Terre Sainte. Il fut accompagné par de nombreux nobles et chevaliers français. Jean de Joinville, alors sénéchal de Champagne l’avait également suivi. Or, ce dernier entreprit de rapporter par écrit ce qui se déroula lors de cette croisade.

Quelques années plus tard, alors que Joinville était revenu en France, il se lança dans l’écriture de la fameuse « Histoire de Saint Louis » entre les années 1305 et 1309, en incluant ses écrits relatifs à la 7° croisade. Notons au passage que le roi Saint-Louis était mort en 1270 à Tunis lors de la 8° et dernière croisade.

Il fallut attendre 1547 et les progrès de l’imprimerie pour qu’une première édition fût initiée par Antoine-Pierre de Rieux. Auparavant, seules quelques copies manuscrites avaient été réalisées. Nous en reparlerons un peu plus tard.

Antoine Pierre de Rieux rapporta, dans sa version des faits, la présence d’Arnaud de Couserans, vicomte de Couserans. Ce dernier avait pris part aux combats d’une manière héroïque en sauvant par deux fois la vie de Jean de Joinville lui-même.

Nous allons rapporter les extraits relatifs à la présence d’Arnaud de Couserans tels qu’ils furent écrits dans cette première édition, dans un exemplaire imprimé en 1567 (notre document de référence pour la pagination).

A noter qu’il existe plusieurs impressions de la première édition dont l’introduction est à chaque fois différente, mais dont le texte du récit de la vie de Saint-Louis est identique. Ceci n’influe donc que sur la pagination.

La narration est de Jean de Joinville.

Chapitre XXIX – feuille 67 verso :

« Mais les Sarrazins nous revindrent a courir sus à grand’ force :& a leur arrivée me donnèrent de si grandz coups, que mon cheval s’agenouilla par terre, du grand poix qu’il sentoit,& me jecterent oultre par-dessus les oreilles de mon cheval :& m’eussent tué les Sarrazins, n’eust esté messire Arnauld de Commenge, vicomte de Couzerans, qui me vint secourir tres vaillamment :& pour la grand’vertu & prouesse qui estoit en luy il avoit laissé ses Arbalestiers qu’il conduisoit au camp, avec le Duc de Bourgoigne,& avoyt suivy le comte de Poitiers, lequel il ne vouloit habandonner en aucun grand affaire. Et depuis, qu’il m’eut donné ce secours, il ne fut jamais un jour de ma vie, que je ne l’aymasse tres affectueusement.
Apres que je fuz rescoux des Sarrazins, le dict vicomte de Couzerans & moy, pour attendre le Roy qui venoit, nous retirasmes auprès d’une maison qui avoyt esté abatuë,& ce pendant je trouvay facon de recouvrer ung cheval. Mais »
(le texte se poursuit à la page suivante du livre – voir ci-dessous)

Chapitre XXIX – feuille 68 (recto)

« ainsi que nous estions aupres d’icelle maison, voicy venir de rechies une grosse trouppe de Sarrazins courans contre nous :& pour ce qu’ils veirent noz gens au derriere de nous, ils passerent tout oultre, pour aller à eulx :& en passant, ilz me jecterent a terre, mon escuu hors de mon col, & passoient dessus moy, cuydans que je fusse mort, dont ilz n’en falloit gueres. Et quant ils furent passez, icelluy messire Arnauld de Commenge, apres avoir bien combatu les Sarrazins, revint vers my, & me releva sus : & puis nous en allasmes tous deux, jusques aux murs de celle maisons deffaicte … »

Chapitre XXIX – feuille 68 (verso)

« … Messire Arnauld de Comenge fut nauré en deux lieux de son corps, aux espaules, & sur l’ung des bras … »

Chapitre XXXII – feuille 85 (verso)

«  … Et en ceste bataille se monstra vertueux & hardy messire Arnauld de Commenge Vicomte de Couzerans, dont j’ay cy devant parlé, pour cuider secourir le Comte (de Poitiers), & portoit iceluy de Commenge une baniere : & ses armes estoyent d’or a ung bord de gueulles : lesquelles, (comme depuis il m’a compté, avoyent esté don- » (le texte se poursuit à la page suivante du livre – ci-dessous)

Chapitre XXXII – feuille 86 (recto)

« -nees a ses predecesseurs, qui portoyent le surnom Despaigne (d'Espagne) anciennement, par le Roy CHARLE – MAIGNE) pour les grandz services qu’ilceulx vicomtes de Couzerans luy avoyent faictz, luy (Charlemagne) estant en Espaigne contre les infidelles : & aussi qu’ilz avoyent chassé hors du païs de Commenge les Sarrazins, qui le tenoyent occupé, & l’avoyent remis en l’obéissance du Roy CHARLE-MAIGNE. »

Voici donc les faits d’armes qu’auraient accomplis Arnauld d’Espagne, vicomte de Couserans lors de la bataille de Mansourah en février 1250.

Il faut noter que la description du blason (d’or à un bord de gueules) est différente d’une bordure de gueule et encore plus de l’orle de gueules. Ceci ne peut donc nous satisfaire d’un point de vue héraldique, car sa description n’est pas la même.

Nous avons déjà vu ce que signifiaient l’orle et la bordure, mais un bord de gueules serait encore autre chose, soit le blason suivant :

Adextré ou Senestré ou Flanc = bord de l’écu
(ici est représenté un flanc adextré)

                           12 – Nous voici donc devant une nouvelle énigme historique. Que croire ?
Dans un premier temps, nous allons rechercher si le texte original écrit par Jean de Joinville lui-même existe toujours.

Grâce à beaucoup de patience et de ténacité, les recherches se sont montrées fructueuses puisqu’il existe bel et bien un exemplaire daté du mois d’octobre 1309, disponible à la BNF, dont voici la première page.

Source BNF

Ce livre serait le manuscrit commandé par Jeanne de Navarre, fille de Louis X le Hutin (Sources BNF).

Quoiqu’il en soit, dans ce livre de 1309, il n’est jamais fait référence à Arnaud de Couserans, ce qui prouve qu’Antoine Pierre de Rieux a bien falsifié le texte original en donnant un rôle héroïque au vicomte de Couserans qui n’a jamais mis les pieds en Terre Sainte.

 

II : Conclusions de la première partie :

        Malheureusement, nous avons vu que bon nombre de fois, les historiens des siècles passés se sont référés à l’édition de Rieux, propageant sans le savoir le mensonge de ce dernier.

Notons au passage qu'à l’époque de cette septième croisade (1248 – 1254), lors de la bataille de Mansourah en février 1250, Arnaud d’Espagne, né en 1232, âgé de seulement 18 ans tout au plus, n’était pas encore vicomte de Couserans puisqu’il ne le fut qu’à la mort de son père Roger III de Comminges-Couserans survenue en 1267, soit dix-huit ans plus tard.

Mais cette falsification historique servit bien sûr les intérêts de tous les descendants d'Arnaud. Dès 1547, lorsque la version de Rieux parut, imaginez combien le nom de cette famille s'en trouva glorifié. Quel honneur d'avoir eu un ancêtre qui combattit aux côtés du saint roi Louis IX et qui de plus, sauva par deux fois le chroniqueur et fidèle compagnon d'armes du roi, Jean de Joinville. Quelle gloire d'avoir eu un ancêtre qui participa activement à une croisade pour sauver la Terre Sainte du joug des Infidèles. On peut alors très facilement imaginer quelles furent les conséquences d'un tel acte à une époque où les faits d'armes revêtaient encore une très grande importance au sein de la noblesse. Ce mensonge servit très certainement les intérêts de quelques de Comminges, de Couserans, d'Espagne et de Montespan.


Alors que faut-il croire de la description du blason de Couserans ? Doit-on la remettre en question ?

Pour l’instant, nous avons trois descriptions différentes du blason qui sont les suivantes :

                                                                                      

                D’or à l’orle de gueules                            D’or à la bordure de gueules                             D’or au bord (flanc) de gueules
                                                                                                                                                                                                                            (ici est représenté un flanc adextré)

 

Nous avons vu que Favyn décrit un blason d’or à l’orle de gueules, alors qu’il se réfère à l’édition de Rieux qui elle, emploie le terme de bord. Pourquoi Favyn a-t-il changé ce mot ? Est-ce par méconnaissance des termes de l’héraldique ? Cette description ne peut donc être retenue, car il y a eu interprétation du texte d’origine.

Tant que nous n’aurons pas trouvé d’autres sources indiquant que l’orle fait partie du blason, nous serons obligés de croire Antoine Pierre de Rieux qui ne parle ni d’orle, ni de bordure mais de bord.

Si le terme bord devait être retenu (en fait, il aurait fallu écrire flanc en terme héraldique), on aurait alors dû préciser dans la description, la position du bord dans le blason lui-même, avec l’un des quatre qualitatifs suivants : à droite (adextré) ou à gauche (senestré), ou en haut (chef ou comble) ou en bas (plaine). Or, ce n’est pas le cas. Cette solution ne peut donc pas elle aussi être retenue.
Faut-il alors rapprocher le terme « bord » de celui de « bordure » comme cela a déjà été fait par certains historiens ?

Cette solution semble être la plus satisfaisante des trois, en l'état de nos connaissances, car seul de Rieux est pour l’instant, l’unique personne à avoir décrit le blason de la vicomté du Couserans. Il faut donc le représenter comme ci-dessous :

 


 

 

 


PARTIE 2 : arguments complémentaires

 

 

I – Introduction :

    Cette deuxième partie de l'article va me permettre de fournir d'autres arguments en faveur des conclusions précédentes, au fil des découvertes que j'ai effectuées après la première parution de cet article, soit après le 10 janvier 2018.
Car malgré les conclusions où j'expose mes hypothèses et où je ne retiens qu'une version du blason, nous serions bien en droit de douter également de la description du blason qu'en fait de Rieux dans son édition de "L'histoire de Saint-Louis par Joinville". Puisqu'il a menti sur les faits héroïques du vicomte de Couserans , pourquoi n'aurait-il pas également menti sur la description du blason ? Serait-elle fausse, elle aussi ?
Il nous faut donc répondre à cette question afin de confirmer définitivement nos hypothèses. C'est donc, à présent, ce à quoi nous allons nous employer.

 


II - Le blason de la famille d'Espagne de Ramefort de Montespan :

    Dans le livre intitulé "Grand armorial de France", paru en 1938 et écrit par Henri Jougla de Morenas, nous retrouvons une famille d'Espagne de Ramefort et de Montespan.
Suivant la généalogie qui en est faite, l'origine (tige) de cette lignée est Arnaud I° d'Espagne-Montespan qui fut donc le premier à porter ces armoiries.
Or, cet Arnaud I° d'Espagne-Montespan est dit petits-fils de Robert III (lire Roger III) de Comminges, marié à Grise d'Espagne. Il était donc le fils d'Arnaud de Comminges dit d'Espagne, vicomte de Couserans tout comme son père Roger III.
 

 

Après avoir précisé les origines de cette famille, intéressons nous à présent au blason qui est décrit comme suit : d'argent à un lion de gueules (rouge) et une bordure de sinople (vert) chargée de six écussons d'or bordés de gueules (rouge).
L'auteur fait référence à la nouvelle édition de "l'Armorial général de France" éditée en 1696 par Charles René d'Hozier, juge général des armes et blasons de France sous Louis XIV.

Dans la description qui en est faite, nous retrouvons 6 fois le blason du Couserans (d'or bordé de gueules), ce qui prouve qu'Arnaud d'Espagne-Montespan a bien conservé la marque de ses origines (la vicomté de Couserans) dans son propre blason.

 

III - Le blason de la famille d'Espagne-Montespan :

    Dans le livre intitulé "Histoire généalogique et héraldique des pairs de France" , écrit en 1826 par le chevalier de Courcelles, en page 40 du Tome 6 (dans la marge) est précisé, dans un chapitre relatif à la famille d'Espagne-Montespan :

" d'Espagne (en parlant du blason) : d'argent, au lion de gueules (rouge), à la bordure de sinople (vert), chargée de six écussons d'or, bordés de gueules" (tout comme précédemment). Voici une version en couleur qui permettra de mieux apprécier le blason. Nous avons placé les 6 blasons du Couserans conformément à la représentation d'Henri Jougla de Morenas.

 


Dessin : Ph. Cabau de Fauroune

Nous allons relier cette famille à celle des vicomtes de Couserans. Le lien est rapidement fait puisque Arnaud I° d'Espagne de Montespan (qui avait hérité de la vicomté de Montespan), n'est autre que le fils d'Arnaud de Comminges-Couserans dit d'Espagne, vicomte de Couserans et de Montespan . C'est évidemment le même que précédemment.
Nous retrouvons là, six fois le blason de la vicomté de Couserans, tel que nous l'avons défini lors de nos conclusions. Cette constatation nous conforte dans notre analyse. Mais poursuivons ...

 

IV - Le blason de la famille d'Espagne, des descendants des vicomtes de Montespan :

    Dans le livre intitulé "Dictionnaire de la noblesse" écrit en 1773 par M. de la Chenaye-Desbois, tome VI, page 91, il est dit :
"Espagne : ... cette ancienne et illustre maison ... on observera seulement ici que le lion de gueules au champ d'argent qu'elle a toujours porté pour armes, (les six petits écussons qui bordent celui du lion étant une alliance*), prouve qu'elle est issue des rois de Léon qui portaient les mêmes armes**."

* : cette alliance n'est autre que le mariage, en 1236, entre Roger IV de Comminges-Couserans et Grise d'Espagne Montespan.
** : cette remarque n'a pas encore été démontrée. On pourrait dire la même chose pour l'Armagnac qui a également un blason au lion de gueules au champ d'argent. Mais là n'est pas notre propos. Revenons à notre sujet.


Nota : à cette époque (1773), il existait encore un descendant nommé Henri-Bernard, marquis d'Espagne, baron de Ramefort, seigneur de la châtellenie de Cassagnebère, .... Il était baron, né des Etats de la vicomté de Nébouzan ... marié le 27 décembre 1763 dans la chapelle du château épiscopal de Saint-Lizier avec Claire-Charlotte de Cabalby, fille aînée d'Octavien, baron d'Esplas, gouverneur de la ville et vallée de Seix et commandant en Couserans, et de Jeanne de Dupac. Il eut 5 enfants dont Arnaud-Roger-Bernard, comte d'Espagne, né le 9 octobre 1771, Jean-Alexandre-François, chevalier d'Espagne, né le 10 décembre 1772.

 


Dessin : Ph. Cabau de Fauroune

Nous retrouvons là, une fois de plus, les six blasons de la vicomté de Couserans.

 

V - Le blason de Roger de Comminges :

    Finalement, après plusieurs semaines de recherches, je suis enfin tombé sur un livre écrit en 1888, par Paul Laplagne, intitulé "Les sceaux gascons du Moyen Age".

En page 150, nous retrouvons le sceau de Roger de Comminges, vicomte de Bruniquel en 1368 (plus connu sous le prénom de Roger-Roger). C'est Raymond-Roger II, son frère qui avait hérité de la vicomté de Couserans et Roger, de la vicomté de Bruniquel. Or, leur père était Raymond-Roger I° de Comminges-Couserans, vicomte de Couserans et de Bruniquel.
Ce sceau est celui attaché à une quittance du 3 février 1368, pour Roger et les 15 écuyers qui l'accompagnaient à Buzet.
 


Dessin : Paul Laplagne
 

On y reconnaît le blason de Bruniquel d'origine (la croix du comté de Toulouse) au centre du sceau et 4 fois le blason du Couserans (dans chacune des branches de la grande croix). Ce sceau est représentatif de l'époque.

 

VI - Le blason de Raymond-Roger de Comminges :

    Et afin de terminer cette étude en beauté :) , en page 151 de ce même livre, nous voyons un sceau, en partie abîmé, qui confirme définitivement notre hypothèse !

 


Dessin : Paul Laplagne


On peut y lire  :  xOMMINGES S. R. ROGIER Dx
(x = lettre manquante), ce qui signifie :

SIGILLUM (sceau de) RAYMOND ROGER DE COMMINGES.


Ce sceau scellait une quittance du 8 juin 1426, pour Raymond-Roger, un autre chevalier et 18 écuyers qui l'accompagnaient à Toulouse.
Or, en 1426, Raymond-Roger III de Comminges était vicomte de Couserans, fils de Raymond-Roger II et d'Isabeau de Troussel.
Et comme nous pouvons le voir, nous retrouvons le blason de la vicomté du Couserans situé sous l'animal, incliné à 45° (conformément à la tradition) et dont il manque une partie qu'il est facile de reconstituer. Nous avons donc ici, après ce long cheminement, confirmé notre hypothèse.

Nous voici donc arrivés à la fin de nos recherches qui ont duré plusieurs semaines ... car il n'a pas toujours été facile de retrouver des sources, puis de faire un lien entre elles. Mais peu à peu, tout cela m'a conduit vers le véritable blason.
De Rieux avait bien menti au sujet des actes héroïques du vicomte de Couserans lors de la 7° croisade, mais avait vraiment décrit le blason tel qu'il existait. Grâce à lui, les sceaux ci-dessus ont retrouvé leurs couleurs ...

Nous avons donc réussi à redonner vie au véritable blason des vicomtes de Couserans (branche des Comminges-Couserans) et de la vicomté du Couserans qui est donc :

 

 

Nota : n'hésitez pas à citer cet article si vous voulez préciser vos sources relatives au véritable blason de la vicomté de Couserans, puisque le blason, d'or à l'orle de gueules, était considéré jusqu'à présent, par tous nos contemporains et d'anciens historiens, comme le bon.
Sources : http://philippe.cabau.pagesperso-orange.fr/blason_du_couserans.htm ou bien : sources : Philippe Cabau de Faouroune.

 

VII - Informations complémentaires : sur la piste arago-catalane

    Nous savons que les vicomtes de Couserans était également comte de Pailhars-Sobirà (ou Pallars en catalan ou Pallas) de 1229 (Roger II de Comminges-Couserans acheta à cette date le comté de Pailhars à Guillemina de Pailhars, son épouse) à 1257  (décès de Roger II, concernant les vicomtes de Couserans et à 1330 (décès de Sibilla I°, marié à Hug de Mataplana) concernant les descendants de Roger II de Comminges-Couserans. Ce comté est situé dans l'actuelle Catalogne, au sud même du Couserans.
Donc, en cherchant dans cette direction, nous retrouvons, dans un livre du XVI° siècle intitulé 'Armorial català de Bernat Mestre', notre blason (de oro, bordura de gules, soit d'or à la bordure de gueules)
attribué à un certain Ramon de Pallas (Pailhars).
Cette découverte nous amène alors à nous poser deux questions :
    1 - Pourquoi Ramon de Pallas portait-il ce blason : était-ce suite à un mariage ou bien par filiation ?
    2 - Qui, du Couserans ou du Pailhars, porta en premier ce blason, donc avant 1229 !

Pour l'instant il n'est pas possible de répondre. L'enquête se poursuit ...
Malgré tout, ce point ne remet pas en cause notre étude, sauf pour la période comprise entre 1176 (date de création de la vicomté de Couserans) et 1229 !


 

 


PARTIE 3 : les différents blasons du Couserans

 

 

I -  Les confusions :

    Le blason que nous venons de décrire est bien celui de la vicomté de Couserans et de la famille Comminges-Couserans. Cependant, beaucoup de gens posent la question suivante : mais quel est le blason du Couserans ?, sans donner plus de précisions.

Je constate que nous avons alors trois versions qui s'affrontent :

    1 - celle du blason d'or à l'orle de gueules (qui n'est donc plus la bonne, puisque nous venons de le démontrer). Il faudra dès à présent, parler du blason d'or à la bordure de gueules.

    2  -  celle du blason d'azur à la cloche d'argent.

    3 -  celle du blason d'azur à la cloche d'or.


L'origine de cette confusion provient simplement du fait que l'on ne parle pas de la même chose. Tout le monde aurait-il raison ? Pas tout à fait.

Revenons donc aux origines ...
 

II -  Origine du mot Couserans :

    Il provient d'une déformation du terme Consoranni qui fut donné par les Romains (Pline dans Histoire naturelle) à la tribu (aux tribus ?) qui peuplait les vallées en amont de Saint-Lizier, ainsi que ses environs. Jusqu'au XIX° siècle, on l'écrivait tantôt Couserans, tantôt Conserans ou Coserans ou encore Conzerans.

La définition latine du mot Consoranni suivant le dictionnaire Latin-Français Gaffiot de 2016 est :

 - Cōnsorannī, ōrum, m., peuple de l’Aquitaine
: Pline 4, 108.

Ce nom Consoranni a pour origine le mot : cōnsors dont la signification est la suivante (dictionnaire Latin-Français Gaffiot de 2016) :
     1 -
participant par communauté de lot, partageant avec, possédant conjointement : alicujus rei Cic.
Br. 2 ; Mil. 102 ; Fl. 35 ; in aliqua re Cic. Verr. 2, 3, 155 ; Sen. Ben. 3, 33, 4,
- copartageant d’une chose, dans une chose ; alicujus Suet.
Tib. 1,3
- collègue de qqn, partageant avec qqn (cum aliquo Cic. Mil. 102)
-
 [poét.] qui est en commun : consortia tecta Virg. G. 4, 153, habitations communes.

     2 - en communauté de biens, propriétaire indivis : Varro L. 6, 65 ; Cic. Verr. 2, 3, 57 ; Plin. Min. Ep. 8, 18, 4 ;
frater germanus et… consors etiam censoris
Liv. 41, 27, 2,  frère germain et même… consort [possédant en commun (n’ayant pas encore partagé) l’héritage paternel]
- [poét.] [substᵗ] frère, soeur : Tib. 2, 5, 24 ; Ov.
M. 11, 347 ; P. 3, 2, 48 ;
-
[adjᵗ] fraternel : Ov. M. 8, 444 ; 13, 663.

Nous pourrions également employer le terme consortium.

Nous pouvons donc résumer que les Consoranni étaient une (ou des tribus) qui partageait au moins un bien en commun. Quel était-il ? Un territoire, des lois, un idiome, des dieux, des biens, ... ? Il est difficile de répondre à cette interrogation.
Cependant, cette tribu devait au moins posséder un territoire en commun, puisque son nom romain a traversé le temps pour tout d'abord bien évidemment désigner cette tribu et son territoire ainsi que son chef-lieu, la civitas Lugdunum Consorannorum puis, un comté et dans les premières heures de la christianisation, un diocèse.

 

III -  Les territoires :

    Il paraîtrait logique que, vu de Lugdunum Consorannorum (l'actuelle Saint-Lizier), le territoire des Consoranni couvrait toutes les vallées en amont de cette civitas (Salat, Arac, Bellongue, Bethmale, Biros, ...), le relief le délimitant tout naturellement. Il devait couvrir également les proches environs de la cité. Mais ses limites en aval sont plus délicates à déterminer.

Nous serions donc tenté de dire que le territoire du diocèse de Couserans qui exista entre au moins le V° siècle et la fin du XVIII° siècle, soit environ 1400 ans, devait à peu de chose près, représenter celui des Consoranni, alors défini par les Romains.

Contrairement au diocèse catholique qui resta à peu près le même, tout au long de sa longue existence, le comté de Couserans fut démembré au fil du temps, tenaillé entre ses deux grands voisins que furent les comtés de Comminges et de Foix. Ainsi, le comté de Couserans originel ne fut plus représenté que par une vicomté tandis que son le diocèse lui survivait.
Dès lors, cette vicomté ne représenta plus qu'une partie du Couserans romain.

De par cet exposé succinct, il nous faut donc comprendre que le nom Couserans a désigné des territoires bien différents au fil du temps et que ce point est à l'origine de la confusion actuelle.

La carte ci-dessous précise donc les différentes entités territoriales qui ont porté ou portent encore le nom de Couserans.

 

-  Les différents Couserans  -
Philippe Cabau de Fauroune (c) - 2018

En rose, le tracé de l'ancien diocèse (comté ?) de Couserans et son chef-lieu Saint-Lizier (Lugdunum Consorannorum),
en jaune, la vicomté de Couserans et son chef-lieu Lacourt,
en vert épais, l'actuel pays de Couserans,
en points violets, l'arrondissement de Saint-Girons,
en blanc, le département actuel de l'Ariège.

 

IV -  Conclusions :

      Nous arrivons enfin à la fin de notre article. Ce long exposé nous permet donc de conclure comme suit :

                1 - Si le terme Couserans représente la vicomté de Couserans*, son blason est alors :
 


La vicomté de Couserans

* : il est tout de même important de noter que ce blason est avant tout, celui des vicomtes originel de Couserans (famille Comminges-Couserans uniquement).
Fut-il également celui des comtes de Couserans qui les précédèrent ? Seul de Rieux précise dans sa version de "l'Histoire de Saint-Louis" que ce blason avait été donné par Charlemagne aux aïeux d'Arnaud de Comminges. Mais faut-il le croire ? Si tel était le cas, il représenterait également le blason du pays de Couserans. Mais aucun document ancien ne vient étayer ces dires . Nous ne retiendrons donc pas cette hypothèse.

 

                2 - Par contre, si le terme Couserans désigne le pays de Couserans (tel qu'il est délimité de nos jours et qui correspond à peu de chose près à l'ancien diocèse de Couserans*, soit au Couserans romain, donc originel), la plus ancienne source est un manuscrit datant du XVI° siècle, intitulé 'Recueil des blasons peints' **.
A la dernière page, nous retrouvons un blason identique à celui ci-dessous, intitulé "Conzerans". 
Ici aussi, faut-il se poser la question : que faut-il comprendre par le mot "Couserans" ? Est-ce le pays ou bien la ville ? Car autrefois, on appelait parfois Saint-Lizier, Couserans, tout comme on appelait Saint-Bertrand de Comminges, Comminges. D'ailleurs, dans les armoriaux suivants (d'Hozier - 1697 - 1701 , de la Planche - 1669), ce blason était uniquement attribué à la ville de Saint-Lizier. Ce point reste donc à approfondir.
De nos jours, il est attribué au pays de Couserans et a d'ailleurs été intégré officiellement comme tel, dans le blason de l'Ariège créé vers 1950 par Robert Louis.

 


Saint-Lizier en Couserans (d'Hozier)
 

* : notons au passage que le blason de l'évêché de Couserans était : de sinople à trois mitres d'or (cf d'Hozier) - (l'évêché  étant le lieu de résidence de l'évêque - le diocèse quant à lui, est le territoire sous la responsabilité de l'évêque).
** : un grand merci à "herald-dick-magazine.blogspot.fr" pour m'avoir fait découvrir ce livre.

 

                3 - D'autres seraient bien tentés de donner également le blason de Saint-Girons au pays de Couserans, puisqu'il en est l'actuel chef-lieu (d'azur à la cloche d'or). Cette solution me semble peu satisfaisante d'un point de vue historique et serait contraire à ce que nous venons d'exposer tout au long de cet article.

Cela montre donc à quel point il est difficile de rassembler tout le monde sous la même bannière (euh ! blason).

J'espère que ce long exposé vous aura éclairé sur le sujet. Il me semblait important de l'écrire.
 

 

 


PARTIE 4 : historique des mises à jour

 

 

01/01/2018 : publication de l'article (seulement la Partie 1).

31/03/2018 : Rajout des Parties 2 et 3.

02/04/2018 : corrections (Partie 3 - III - Les territoires).

05/04/2018 : corrections et rajout d'explications sur le blason du pays de Couserans (Partie 3 - IV- Conclusions - 2).
                    Rajout de la Partie 4.
                    Corrections (Partie 1 - I - 6).
                    Rajout du chapitre VII dans la Partie 2 (sur la piste Arago-Catalane).

 

Nota : cet article sera réactualisé en fonction de mes recherches, si je découvre des nouveautés.

 

FIN

 

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Dernière modification : 21 février 2019