Le pays

 

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Massat Vallée de Massat Massatois

3 - Le pays

Je ne développerai, dans cette partie que les territoires des communes de Massat, Biert, Le Port et Boussenac (soit les anciennes seigneuries de Massat et de Boussenac). Ceci est également valable pour l'ensemble du site. J'exclus donc les communes de Soulan et d'Aleu (ancienne seigneurie de Soulan).

Ce pays de montagne a longtemps été le berceau d'un peuple libre, courageux et travailleur qui, après des siècles de dur labeur, a su arracher à cette terre de quoi survivre. Malgré des conditions de vie difficiles, liées à  un relief souvent pentu, ce peuple a su construire une communauté soudée.
Il a laissé les traces de son travail au travers des kilomètres de sentiers bien souvent délimités par des murs en pierres sèches, des maisons et des bordes qui constituent les nombreux hameaux disséminés dans toutes les vallées du pays et ce, jusque dans les pentes les plus raides des montagnes.

Ce pays est attachant pour qui sait prendre le temps de le découvrir. Son côté sauvage a de tout temps existé et ceci grâce aux montagnes qui forment une barrière naturelle. Cette barrière a longtemps tenu ce peuple isolé des autres vallées voisines (surtout pendant les longs mois d'hiver). De cet isolement est né un caractère bien trempé de paysan montagnard : le Massadel.

 

    a) les montagnes :

 - Les montagnes du pays massatois -
   
Les points verts indiquent la limite de la vallée de Massat
(communes de Massat, Biert, Le Port et Boussenac).
Les points noirs entourés d'une étoile en vert clair représentent les sommets.

(c) copyright 2008 Philippe Cabau de Fauroune

Le pays de Massat ou Massatois, est situé au cœur des Pyrénées ariégeoises, en pays de Couserans, au pied du massif des Trois Seigneurs qui culmine à 2199 m. Ce pic doit son nom aux trois seigneurs (Massat, Foix et Rabat) dont il délimitait, en partie, les territoires. Il est le point culminant du canton.

A l'Est, le massif des Trois Seigneurs étend ses crêtes jusqu'au col de Port, en passant par les pics de la Journalade (1945 m) et d'Estibat (1663 m).

Au sud et à l'ouest, une succession de pics comme le Mont Ceint (2088 m), le Mont Béas (1903 m) et le Tuc de la Coume (1745 m) ferment la vallée.

Au nord, la limite de la vallée est matérialisée par le massif de l'Arize qui culmine au Cap du Carmil (1677 m) pour la partie concernant Massat.

Cet ensemble de montagnes forme ainsi un fer à cheval.

Retrouvez les anciens noms des sommets de la vallée de Massat en cliquant ici

Retrouvez, depuis certains sommets, des vues panoramiques sur la vallée de Massat en cliquant ici

   

 b) le bassin orographique : 

Le  seul échappatoire pour toutes les eaux de la vallée de Massat se situe au nord-ouest, par les gorges de l'Arac. C'est par  cette seule ouverture que les eaux de l'Arac s'écoulent pour rejoindre celles du Salat, au lieu de Kercabanac.
Les principales rivières du bassin sont :

    - l'Arac : prend sa source au pied même du pic des Trois Seigneurs (2199 m), au-dessus du hameau du Trabiet.

    - le Courtignou : issu du port et de l'étang de Lers (1517 m), rejoint l'Arac au village du Port.

    - le Liers : prend sa source au pied du pic de la Journalade (1945 m) et rejoint l'Arac peu avant le bourg de Massat.

    - La Canadelle : issue du col de Port (1250 m), alimentée par de nombreux ruisseaux du massif de l'Arize, rejoint le Liers à Pontets.

    - Le Neyert : issu du col de Péguère (1375 m), rejoint le Liers à Couloubres.

    - L'Ournas : prend sa source au pied du cap des Campets (1502 m) et rejoint l'Arac peu après Biert.

    - Le Begen : prend sa source au pied du tuc de la Coume  (1745 m) et rejoint l'Arac peu après Biert.

La vallée de Massat, comme souvent en Couserans, ne manque pas d'eau. Ce sera sûrement un atout pour les années à venir.

Le pays massatois, bassin de l'Arac
(c) copyright 2007 Philippe Cabau de Fauroune

 

    c) le climat : 

Le climat de la vallée est rythmé par les quatre saisons, bien connues en Europe,  qui ont chacune leurs charmes.

   - le printemps est généralement frais à cause de l'altitude moyenne de la vallée (entre 600 m et 2200 m). C'est également une période généralement pluvieuse.

    - l'été est chaud en journée, mais les nuits peuvent être fraîches. Les orages ne sont pas rares comme dans toutes les montagnes pyrénéennes.

    - l'automne est une agréable transition vers l'hiver. Il annonce les premières neiges sur les plus hauts sommets de la vallée.

    - l'hiver est bien sûr synonyme de froid et de neige. Bien que la neige soit bien moins présente dans la vallée qu'autrefois, elle couvre les sommets les plus élevés, mais se fait moins présente aux altitudes intermédiaires depuis plusieurs années déjà. Il n'empêche que les belles journées ne sont pas rares.

 

    d) la végétation : 

 - Vue de la vallée de Massat -
Le cœur de la vallée est le bourg de Massat. Tout autour, la forêt se fait plus présente.
photo n°1

Elle varie en fonction de l'altitude et de l'exposition des montagnes. Dans tous les cas, la forêt gagne, chaque année, du terrain sur les terres autrefois défrichées. Cela est très visible dans les fonds de vallée, autour des hameaux, mais également au niveau des estives qui sont de plus  en plus envahies par les hautes fougères, premiers acteurs de la reconquête par la nature. La forte diminution des troupeaux d'animaux d'élevage (vaches, moutons, chèvres) fait que ces derniers ne sont plus assez nombreux pour entretenir les hectares d'anciens pâturages. Rien ne semble, à présent, s'opposer à l'avancée de la végétation.

La limite des forêts se situe généralement vers les 1400 / 1500 m d'altitude. Au delà, les estives et leurs pâturages prennent le pas jusqu'aux sommets les plus élevés.

Les essences d'arbres et autres végétaux que l'on rencontre dans la vallée sont les hêtres, les frênes, les chênes, les sapins, les sureaux, les aulnes, les châtaigniers, les bouleaux, les noisetiers, les fougères, l'aubépine pour ne citer que les principaux. Cette végétation  a depuis longtemps, colonisé la vallée. La toponymie locale nous en fournit la preuve. On y retrouve les sureaux (sahuc), les chênes (Eychenne, la Ruère), les hêtres (la Fajolle), les frênes (Licherre), des aulnes (Bernèdes, Vernières), l'osier (Sausenquet), les orties (Ourtrigous) ...
Les arbres fruitiers, comme les pommiers (Pomèr qui a donné son nom au hameau de Pommé), les poiriers (Perèr qui a donné son nom au hameau de Péré), sont également présents dans les environs des hameaux.

 

    e) l'activité humaine :

Autrefois principalement tournée vers l'agriculture et l'élevage de vaches, de moutons et de chèvres, la vallée de Massat a toujours été peu industrialisée. Quelques scieries et forges (voir l'inventaire) permettaient le travail du bois et du minerai de fer (commerce avec la mine de Rancié dans le Vicdessos voisin - voir cet article). Avec l'arrivée des hauts fourneaux, l'industrie de la vallée s'est éteinte.
Aujourd'hui, la vallée se tourne vers le tourisme, conserve encore quelques fermes et  troupeaux (principalement de vaches). La faible fabrication du fromage (vache, chèvre) se fait artisanalement.
Malgré le fort déclin de la population (entre 1850 et 1960), elle se stabilise à présent.

 

    f) le dialecte local :

La vallée de Massat se situe à la limite de deux mondes linguistiques que sont la Gascogne et le Languedoc. En effet, le pays de Foix parle le languedocien* alors que le Comminges et le Couserans parlent le gascon*. Il est donc normal que la langue de Massat soit teintée des deux.
Si l'on prend en compte les nuances, il est tout de même intéressant de noter que le bas canton de Massat (Aleu et Soulan) qui était autrefois tourné vers la vallée du Salat (Oust, ...), possède un langage plus teinté de gascon (à Saint-Girons, c'est carrément du Gascon). Le haut canton (Massat, Biert, Le Port et Boussenac), quant à lui, ayant eu des liens commerciaux plus étroits avec le pays de Foix, est plus teinté de languedocien. Il existe même des nuances entre le parler du bourg de Massat et celui des hauts hameaux de la commune du Port (Arac, le Carol, ...).

A développer

* La langue occitane est un terme générique qui regroupe quatre familles principales que sont : le gascon, le languedocien, le provençal (incluant les Alpes) et le limousin-auvergnat.

 

    g) l'architecture locale :

 - Détail de toiture -
On reconnaît les ardoises taillées en écaille de poisson. La partie métallique, accrochée au toit, permet de retenir la neige.
photo n°1

- Toit de chaume -
Sur le site de Lamarda, actuellement en cours de rénovation, on peut admirer une jolie cabane dont le toit a été reconstruit suivant une technique traditionnelle.
photo n°2

L'habitat local s'est adapté aux travaux agricoles de l'homme d'autrefois. Dans tous les cas, les constructions étaient traditionnellement et principalement construites en schiste. Les toits étaient alors soit en chaume, soit en ardoises taillées en écaille de poisson et en lauzes.
Hormis les bourgs de Massat et de Biert, les autres lieux d'habitations sont des hameaux disséminés dans les pentes des collines et des montagnes de la vallée.

 

En visitant la vallée, on est souvent surpris par le nombre important de ces hameaux, tout comme par le fait qu'ils soient accrochés à des pentes parfois raides. Ceci s'explique par la surpopulation de la vallée qui débuta vers le milieu du XVIII° siècle pour prendre fin dans les années 1850.

 

 

 

Les différents types de constructions
 

Le hameau de Labourdette est caractéristique de l'habitat en montagne dans la vallée de Massat, accroché à des pentes parfois raides.
photo n°3

Belle maison en pierre, avec deux balcons en bois, rénovée à l'identique.
photo n°4

Ils sont au nombre de quatre :

La maison d'habitation
: on la retrouve, bien sûr, dans tous les villages et hameaux, souvent les unes accolées aux autres ou bien séparées par une ruelle étroite, jusqu'à une altitude de 1100 m pour les hameaux les plus élevés, accrochés aux pentes des montagnes. Elles possèdent parfois plusieurs étages, un four pour cuire le pain, une construction attenante ou proche pour y parquer les animaux (cochons).
Les maisons les plus grandes et les mieux exposées possèdent un à deux balcons.

 

De nos jours, les toits de chaume, encore très nombreux au début du XX° siècle, ont complètement disparus. Ils ont été remplacés par des toits en ardoise dans le meilleur des cas, ou bien en tôle ou en éverite. 

 

Borde à flanc de colline.
On peut remarquer que la pente en bas du toit est réduite grâce à des pièces de bois qu'on appelle coyaux. Ils servaient à éviter les chutes brutales de la neige.
photo n°5

Les marches en escalier, en haut des murs, sont caractéristiques des bordes dont le toit était en chaume.
photo n°6

La borde : c'est dans ces bâtisses, plus ou moins grandes, que l'on parquait les animaux. Elle possèdent généralement deux niveaux. Les animaux étaient au niveau du sol alors que le fourrage était entreposé à l'étage. On les retrouve non loin des hameaux, mais elles sont principalement situées à proximité des anciens prés, dans les pentes des montagnes. Aujourd'hui, on les rencontre plutôt dans la forêt, car cette dernière a remplacé les anciens prés.

   

 

Orri du courtal de Bastard, non loin de l'étang de Lers.
photo n°7

Orris des Goutets, dans la haute vallée de l'Arac.
photo n°8

L'orri : c'est l'habitation du berger lorsqu'il gardait les troupeaux dans les estives. En basque, ce terme signifie le champ de pâturage. Par extension, ce mot a englobé la cabane qui y était dessus. Ils sont donc principalement situés en altitude dans la moyenne montagne. Ils sont généralement en pierres sèches. Leurs toits, en voûte,  sont en pierre,  quelques fois recouverts de terre et d'herbe.
A côté, les animaux était parqués dans des enclos délimités par des murs en pierres sèches. L'ensemble (orri et enclos) s'appelle un
courtal. Par extension, ce terme signifie également le lieu de pâture.

 

- Intérieur d'un masuc -
On aperçoit ici l'entrée d'eau qui était canalisée à l'intérieur et ressortait pour rejoindre le ru d'où elle avait été détournée. Des niches dans les murs (comme ici) ou bien des banquettes en pierres sèches permettaient de déposer les produits laitiers au dessus du sol. A noter que le sol était recouvert de larges pierres.
photo n°9

 

Le masuc : c'est une petite cabane en pierres sèches, généralement plus petite que l'orri, construite sur le même principe, mais à proximité d'un petit cours d'eau (ru). Une dérivation permettait de faire passer, dans le masuc lui-même, de l'eau qui en refroidissait alors l'intérieur. Il servait donc à conserver au frais, les produits laitiers (lait et beurre) alors que les bergers étaient dans les estives. C'était le réfrigérateur de l'époque.

 

 

Les matériaux utilisés pour les constructions sont évidemment ceux que l'on trouve sur place, à savoir la pierre (schiste), le bois (sapins, chênes, ...), et autrefois le chaume pour les toits des maisons.

    

 

 

h) les vêtements :

Groupe de Massadels " les Liadoures "en tenue folklorique devant l'église de Massat.
photo n°1

 

L'homme :

La tête est revêtue d'un bonnet (bleu foncé) dont la partie haute retombe sur le côté gauche. Certains portent parfois un béret à bord large.
Sur le haut du corps, il porte une chemise blanche (autrefois en lin) par dessus laquelle il met une veste courte (bleu foncé) qui reste ouverte malgré les boutons qui la décorent.
A la taille, une large ceinture de tissu tombe sur le côté gauche.
Le pantalon (bleu foncé) est recouvert par des guêtres, des pieds jusqu'au dessous des genoux.
Enfin, il est chaussé de sabots (esclops).

 

 

Type de sabots portés dans la vallée de Massat. Vous pouvez remarquer que le dessous est clouté afin d'éviter une usure prématurée.
Ils sont fabriqués en bois tendre (bouleau, ...) et nécessitent 4 à 6 mois de séchage avant de pouvoir être utilisés.
photo n°2

 

La femme :

Sa tenue vestimentaire est plus complexe. Bien qu'elle ait également des sabots aux pieds, elle porte une jupe de couleur foncée, recouverte sur le devant d'un tablier d'un tissu plus léger.
Au niveau de la taille, elle a également une ceinture, moins large que celle de l'homme.
Sur le haut du corps, un corsage en tissu avec un large col blanc en dentelle ou en tissu brodé. La tête est recouverte, quant à elle, par la fameuse LIADOURE, tissu de forme triangulaire posé sur les cheveux. Avant de la positionner, les cheveux doivent être soigneusement placés. Cette étape nécessite une vingtaine de minutes pour des gens expérimentés.

 

Voir les anciennes photos relatives aux vêtements

 

    i) l'histoire de Massat :

Voir pour cela, la partie " Histoire de Massat " en cliquant ici

 

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Dernière modification : 12 mai 2017