Implantation des populations

 

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On peut aisément comprendre que l'implantation de l'homme dans la vallée de Massat ne s'est pas faite en une seule fois, mais a pris des milliers d'années afin que le territoire, tel que nous le connaissons aujourd'hui, ait pu être défriché et habité. Il faut toujours avoir en tête que l'extension humaine a toujours été liée à l'augmentation de la population. Nous allons en voir à présent, les principales phases dans la vallée.

Phase n° 1 : les premières traces humaines dans la vallée de Massat ont été retrouvées dans les grottes du Quer de Massat, en bordure de l'Arac. Nous sommes alors au magdalénien (- 15 000 ans). Ces grottes, cavités naturelles creusées dans le calcaire du Quer, furent les premières habitations de la vallée. Cette première zone d'habitat est représentée par les hachures rouges sur la carte ci-dessous. Elle représente une toute petite zone par rapport au territoire couvert par les anciennes seigneuries de Massat et de Boussenac. Ce dernier est délimité par les points verts sur la carte.
  
Phase n° 2 : au fil des premiers millénaires qui suivirent la fin de la dernière période glacière, dite de Würm, le glacier du massif des Trois Seigneurs recula peu à peu, libérant ainsi de nouvelles terres. Conjugué à ce phénomène naturel, la population locale s'agrandit tout en acquérant de nouvelles techniques. L'homme devint sédentaire et eut besoin d'agrandir son territoire. Les premiers défrichements eurent alors lieu autour de la grotte du Quer, principalement dans les zones planes, plus faciles à travailler. L'homme gagna du terrain sur les forêts afin de pouvoir cultiver et construire les premières huttes en paille et en bois. Cette nouvelle zone d'extension est représentée en hachures oranges sur la carte.

Les différentes phases d'implantation de l'homme dans la vallée de Massat.
(c) copyright 2007 Philippe Cabau de Fauroune

Phase n° 3 : toujours à cause d'une population grandissante, l'homme du cœur de la vallée dut alors s'attaquer à la montagne qui l'entourait de toutes parts. Il n'avait d'autres choix que défricher des lieux qui étaient à présent en pente. Mais avant de se disperser dans toutes les directions, il préféra logiquement les pentes les plus ensoleillés et les plus proches des lieux où vivaient ses congénères. C'est alors que la Solelha de Boussenac et de Mourès furent à leur tour colonisées. Ces zones sont matérialisées par les hachures en violet.

Phase n° 4 : de nouveaux territoires furent gagnés sur les forêts. L'extension se poursuivit sur les derniers endroits ensoleillés, mais pas forcément dans les proches environs des zones habitées. Toutes les zones de la vallée furent alors exploitées. La seule limite de l'habitat fut l'altitude qui ne dépassa guère les 1000 m sur les versants du sud. Peu à peu, les forêts reculèrent et les pâturages d'altitude furent exploités. Les zones habitées de cette époque sont représentées par les hachures en vert foncé. Ponctuellement, des habitations isolées s'implantèrent le long des quelques rares voies commerciales de la vallée.

Phase n° 5 : cette dernière phase d'extension de l'habitat humain dans la vallée de Massat ne se termina qu'au milieu du XIX° siècle. Les derniers endroits alors employés sont les moins bien exposés, les plus éloignés, dans des pentes souvent plus raides. Bref, dans les limites humainement supportables. Seul un exode massif mis fin à cette extension. Nous avions atteint les limites de ce que pouvait donner la vallée. Cette dernière phase n'est pas représentée sur la carte ci-dessus. Son image est celle de la totalité de l'habitat actuel, incluant les ruines des anciennes habitations.

La position de l'habitat : il a évolué au fils du temps. Au tout début et jusqu'à la fin de l'époque romaine, l'habitat se situait en fond de vallée, prioritairement en bordure des rivières. Mais avec les violences que subirent les populations lors des grandes invasions entre le V° et le VIII° siècles, l'habitat gagna de l'altitude pour se situer dans des positions plus hautes, car moins faciles d'accès pour l'ennemi. Après ces invasions, le calme revint avec l'arrivée de Charlemagne. La région fut alors sécurisée pour contrer d'éventuelles attaques. L'homme reprit ainsi possession de toute la vallée, à la conquête de nouveaux territoires à défricher.

La toponymie : elle nous permet d'obtenir certaines informations relatives à l'extension humaine dans la vallée. Nous avons parlé, plus haut, de défrichements. Ces derniers sont liés à ce que les hommes ont du gagner de nouveaux territoires sur la forêt qui les entourait, afin de créer de nouveaux champs et de nouveaux lieux d'habitations. Les Eycharts, en est le plus bel exemple. Ce nom signifie terres récemment défrichées. Il nous éclaire dont que ce lieu était autrefois boisé et qu'il a fallu brûler puis couper la végétation qui recouvrait l'endroit. Pour donner ce nom à cette terre, il a fallu que ce travail ait été réalisé plus tardivement par rapport aux lieux voisins. Nous sommes donc dans une phase plus récente, par rapport au déboisement du fond de la vallée. Ce nom a donc été donné dans la période qui sépare la phase 2 de la phase 3.
D'autres exemples similaires se retrouvent dans la vallée, comme pour les Sartrous (hameau de la haute vallée de l'Arac) qui laisse supposer que cet endroit a été défriché plus tardivement, et sûrement par rapport aux hameaux du bord du haut Arac, comme Arac et le Trabiet. Nous sommes alors entre la phase 4 et la phase 5. Le Turon de Noubial, dont le terme vient du latin novale, indique que les terres sous ce sommet ont été défrichée. En effet, autrefois, on devait payer la dîme novale au curé lors de la première année d'utilisation d'un champ, donc récemment défriché.
D'autres exemples nous disent comment s'effectuaient les défrichements. Pour être plus efficaces, on utilisait alors la technique du brûlis, de nos jours encore utilisée dans nos vallées, mais dans une moindre mesure. Lorsqu'on décidait de s'implanter dans un nouveau lieu (qui était principalement boisé), on y allumait des feux qui dévoraient tout. Une fois le plus gros du travail réalisé, il suffisait de nettoyer ce qu'il restait. Les cendres servaient au passage, à enrichir la terre. Cette technique se retrouve dans le mot la fiou (terme qui vient de focus et qui signifie feu). Ces lieux sont nombreux dans la vallée de Massat (Sarrat de la Fiou sur la rive gauche de la Canadelle au sud de Cartou, la Fiou du Loup sur les pentes nord du Turoun Ner (à l'est de la précédente), las Fious sur la rive droite de la vallée des Ourtrigous, etc ...). Il est intéressant de noter que ces endroits sont situés sur les versants nord des montagnes !). Par contre, il ne faut pas faire l'amalgame de ce toponyme avec les noms de lieux comme la cramade, les cramadisses (cramar = brûler) qui sont le reflet de l'activité des charbonniers qui brûlaient autrefois le bois en ces lieux pour en faire du charbon et l'échanger contre du minerai de fer, mais non pour défricher).

 

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Dernière modification : 12 mai 2017